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Architecture, entre imagination et démesure

GROS PLAN - Architecture

Architecture, entre imagination et démesure

Ce dossier vous propose d’explorer une architecture où prouesse technique et imagination redéfinissent les paysages urbains. Des gratte-ciel vertigineux aux projets innovants, l’objectif est de montrer comment la démesure devient un langage architectural, entre symbole de puissance, innovation technologique et geste artistique. Le classement des plus hauts gratte-ciel en 2026, dominé par le Burj Khalifa (828 m), suivi de Merdeka 118 et de la Shanghai Tower, illustre cette quête mondiale de verticalité extrême.

PRATIQUE -
Façades, toitures et isolation

Entretenir et rénover : agir au bon moment

Une façade qui noircit, un isolant qui s’essouffle, des panneaux solaires qui perdent en rendement : les signaux d’alerte sont là, souvent ignorés. Pourtant, entretenir coûte toujours moins cher que rénover. Tour d’horizon des bonnes pratiques – et des bons matériaux – pour préserver son bâtiment sur la durée.

Le thermolaqué est souvent présent sur les façades,
et pourtant on ne le remarque presque
plus. Ce matériau reste l’un des plus négligés
en matière d’entretien. Ces tôles peintes par
procédé électrostatique habillent avec discrétion
nos bâtiments depuis des décennies : caches de
stores, bandes métalliques décoratives qui rythment
les façades contemporaines, bardages d’entrepôts
et de halls industriels, ou encore bandes blanches
qui tranchent sur le béton brut des immeubles des
années 70.
Le principal ennemi du thermolaqué, c’est le
soleil. Sous l’effet des UV, le revêtement se dégrade
petit à petit, perdant sa teinte d’origine pour virer
vers des tons délavés, presque laiteux. Les caissons
de stores bordeaux ou bleu foncé en sont l’illustration
la plus frappante. « Il suffit de poser le doigt sur
ces surfaces pour y laisser une empreinte nette, tant
elles sont devenues poreuses », explique Laetitia
Riederer, fondatrice de CLEAN-FACADE.

Difficulté logistique

L’intervention pour leur donner une nouvelle apparence
repose sur une méthode éprouvée : brossage
manuel avec un détergent adapté, suivi d’un rinçage
minutieux. La difficulté n’est pas technique : elle est logistique. Ces surfaces se trouvent en façade, parfois hors de portée ou difficiles d’accès depuis les balcons. Lorsque les résidents permettent l’accès à leur logement, le travail reste possible. Dans le cas contraire, il faut recourir à des nacelles élévatrices, soumises à permis et à une réglementation stricte, ce qui alourdit l’organisation et le budget d’une intervention.

Pourtant, le jeu en vaut la chandelle. « On peut récupérer des surfaces que l’on croyait condamnées », assure Laetitia Riederer. Un thermolaqué laiteux, encrassé, couvert d’algues : l’aspect peut sembler désespéré, mais les résultats après intervention surprennent en général propriétaires et gestionnaires. Il n’est pas toujours nécessaire de repeindre : un entretien ciblé permet de repousser l’échéance d’une rénovation.
Le message est simple : il ne faut pas attendre que la dégradation soit visible de loin. Une inspection tous les deux à trois ans, selon l’exposition, suffit à intervenir au bon moment, pour que le nettoyage reste simple, et les budgets, maîtrisés.
Le thermolaqué n’est pas le seul à souffrir de l’abandon. Les toitures solaires aussi se dégradent en silence – et leur entretien se réinvente.

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DECO -
La beauté vient de votre intérieur

Les matières en état de siège

À l’heure du tout-jetable, certains métiers reprennent la parole. Discrètement, mais avec conviction. Le tapissier-décorateur en fait partie. À contre-courant d’une déco standardisée, il réinstalle l’essentiel : le goût des belles matières, le geste, le temps et la conservation des meubles que l’on aime. Rencontre avec un passionné : Matthieu Schmid à Auvernier.

Dans son atelier, Matthieu Schmid revendique
un retour aux sources : restauration,
transformation et valorisation des pièces
existantes. Si le réflexe de changer des
rideaux est bien ancré, celui de rénover son mobilier
reste encore marginal et associé aux antiquités.
« Mais aujourd’hui, une pièce des années 50-60 est
déjà une antiquité », souligne l’artisan. Canapés, fauteuils
ou chaises, hérités de nos parents ou chinés,
peuvent se transformer à notre image tout en gardant
leur histoire. Une démarche qui s’inscrit à contrecourant
d’une logique de consommation rapide. « Un
canapé de qualité peut être reconditionné plusieurs
fois au fil des années, conservant son design d’origine
tout en s’adaptant aux évolutions de goût », précise
Matthieu Schmid.
Côté tendance, « on observe aujourd’hui un intérêt
croissant pour les fibres recyclées et les matières
naturelles. Le lin reste une référence, tandis que le
chanvre s’impose progressivement comme une alternative
écologique prometteuse, nécessitant moins de
transformation et de ressources ».
Dans l’atelier d’un artisan, textiles, revêtements
muraux ou de sol ne sont pas juste une image, mais
des matières vivantes à rencontrer, à toucher. Ce doit
être le coup de foudre, sinon rien. Et c’est autour de
cette dimension sensorielle que va se construire un
projet unique.

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